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Mise en avant

Comment composer de la bossa nova ?

Le Brésil, berceau de la bossa nova…

Introduction

Vous voulez savoir comment composer de la bossa nova ? J’ai divisé cet article en 5 parties afin de mieux vous y retrouver. Vous pouvez accéder à chaque partie en cliquant sur les liens suivants :

Sinon, vous pouvez simplement continuer la lecture de cet article dans l’ordre 🙂 .

Qu’est-ce que la bossa nova ?

La bossa nova est un genre musical, issu de la rencontre de la musique brésilienne (samba) avec le jazz, ayant vu le jour vers la fin des années 50 au Brésil.

On retiendra qu’Antônio Carlos Jobim, aussi connu sous le surnom Tom Jobim a véritablement été le précurseur du genre.

Dans les grands noms de la bossa on peut citer le chanteur João Gilberto, le poète Vinícius de Moraes (qui a notamment écrit les paroles de Chega de Saudade), la chanteuse Astrud Gilberto (ex-femme de João Gilberto), et enfin le saxophoniste de jazz Stan Getz (qui a collaboré avec João Gilberto sur l’album Getz/Gilberto).

Étant moi-même un grand fan de bossa, je vais vous partager mes coups de cœur afin que vous puissiez vous plonger à fond dans ce style et découvrir ses subtilités.

  • L’album Wave de Jobim (c’est grâce à lui que j’ai découvert la bossa nova), qui nous met dans une ambiance de bord de mer notamment grâce à l’utilisation de la flûte et de la guitare;
  • L’album Stone Flower, toujours de Jobim, que je trouve intéressant car il nous plonge dans une ambiance différente de celle de Wave (sonorités et couleurs plus sombres);
  • L’album Getz/Gilberto de João Gilberto et Stan Getz. Cet album est une référence. En effet, dans celui-ci vous découvrirez pas mal de standards de bossa nova comme The Girl From Ipanema et Desafinado.

Les instruments utilisés en bossa nova

Rentrons à présent dans le vif du sujet : Comment composer de la bossa nova ? Pour composer de la bossa nova, il nous faut connaître les instruments utilisés afin de nous procurer cette sensation de « bord de mer » ressentie dans l’album Wave de Jobim.

Premièrement, il nous faut une guitare classique qui jouera les accords (nous verrons plus loin quels accords utiliser en bossa nova).

Deuxièmement, il nous faut un piano qui jouera la mélodie principale (il est à noter qu’il peut aussi jouer des accords pour renforcer la mélodie, quand un autre instrument joue par exemple).

Ensuite, on veillera à ajouter une basse qui jouera un rythme de bossa (nous verrons les rythmes de basse propres à la bossa nova plus loin).

En ce qui concerne les percussions, une batterie jouant un rythme de bossa nova fera très bien l’affaire. Cependant, pour un rendu plus exotique on peut rajouter des claves. Si l’on veut un côté plus samba, on peut aussi ajouter un cuica. J’ai remarqué que Jobim utilisait un triangle pour marquer les 1er et 3ème temps et donner un côté plus rythmé à sa musique.

Le rythme caractéristique

La bossa nova est surtout connue pour son rythme très particulier, hérité de la samba, et proche de celui de la clave 3-2.

Rythme principal (les rythmes 3-2 et 2-3)

Le rythme 3-2 de la bossa nova

Le rythme présenté ci-dessus est le rythme de base de la bossa nova. Il peut être renversé, comme sur la figure suivante :

Rythme 2-3 de la bossa nova

Ce qu’il est important de retenir, c’est que tous les rythmes de bossa nova (rythmes pour la guitare, la batterie, etc.) sont basées sur ces deux rythmes. En maîtrisant bien ceux-ci, vous aurez plus facile à aborder les suivants.

Voyons à présent les principales variantes rythmiques que l’on peut rencontrer pour la guitare, la batterie, les claves et le triangle 😉 .

Rythmes d’accompagnement à la guitare

Voyons à présent deux rythmes de guitare qui nous seront bien utiles (dans cette partie nous ne tiendrons pas compte de l’accord en lui-même, un Em7 sous sa forme drop 2, mais seulement du rythme).

Voici le rythme de l’accompagnement de guitare de Triste (album Wave, d’Antônio Carlos Jobim)

Le premier rythme ci-dessus est intéressant car il couvre deux mesures, il est doux et parfait pour les musiques calmes.

Voici le rythme de l’accompagnement à la guitare d’Agua de Beber de Jobim

Le deuxième rythme ne couvre qu’une mesure et sera parfait pour redonner de l’énergie à une musique « trop » calme.

Rythmes des percussions

la batterie

En bossa nova, la batterie se veut douce et fondue dans la musique, on ne veut pas d’une batterie qui ressort trop, et encore moins agressive. Pour cela, on privilégie un jeu aux balais.

Rythme de batterie 3-2 de la bossa nova

Le rythme ci-dessus est simplement une adaptation pour batterie du rythme 3-2 principal de la bossa nova.

Rythme de batterie 3-2 bossa nova avec jeu du pied modifié

Sur le deuxième rythme, seul le jeu du pied change.

Les claves

L’ajout de claves dans une musique de bossa donne un côté exotique très agréable à la musique.

Concernant le rythme, il n’a que peu de changements par rapport au rythme de base vu plus haut :

La clave 3-2

On constate que seule la deuxième mesure change, ce qui permet de faire ressortir le son des claves sur le 3ème temps (c’est ici une question de goût). Ce rythme porte d’ailleurs lui-même le nom de clave 3-2 (comme l’instrument).

Le triangle

Rythme du triangle dans Wave de Tom Jobim

Il n’existe pas vraiment de rythme propre à la bossa nova pour le triangle. Il faut simplement retenir qu’en bossa nova, le 2ème temps est un temps fort, même si on écrit souvent son rythme en 4/4 (où les temps forts sont le 1er et le 3ème temps).

Les accords

Passons maintenant aux accords : la bossa nova utilisant principalement des accords de jazz, passons en revue ceux les plus utilisés.

L’harmonie

L’harmonie de la bossa nova est très riche, de par son héritage du jazz. En théorie, nous pouvons prendre n’importe quel accord ou suite d’accords et les calquer sur un rythme de bossa nova. Cependant j’ai relevé quelques clefs de l’harmonie qui vous permettront de donner un air authentique à vos compositions de bossa.

  • La plupart des morceaux de bossa nova sont écrits en majeur;
  • Les morceaux de bossa nova sont remplis d’accords de jazz évolués (accords de 11ème, de 13ème, etc.) afin de casser la redondance des accords de 7ème;

Les voicings

En bossa nova, on utilise principalement la guitare pour faire les accords. L’on veut donc que ces accords sonnent « amples » et profonds. Je vais donc vous présenter les voicings drop 2 et drop 3 qui nous seront particulièrement utiles.

Les voicings drop 2 et drop 3

Qu’est-ce qu’un voicing drop ? Un voicing drop est simplement un accord dont on a pris une note que l’on a descendue d’une octave.

Un accord drop 2 est donc un accord dont la deuxième note (en partant de la note la plus haute) a été descendue d’une octave. Voici un exemple avec l’accord G7.

L’accord G7 sous sa forme « de base », suivi de sa forme drop 2.

L’utilité des accords drop 2 est qu’ils sont, pour la plupart, faciles à jouer pour un guitariste.

Tout comme un drop 2, un drop 3 est simplement un accord dont on a ramené la 3ème note (toujours en partant du haut) une octave en-dessous. Voici l’exemple de Cmaj7.

L’accord Cmaj7 sous sa forme « de base », suivi de sa forme drop 3.

Conclusion

J’espère que cet article vous aura permis de savoir comment composer de la bossa nova ainsi que les petites subtilités du style. Je compose moi-même de la bossa nova, donc si vous voulez entendre ce que je fais, rendez-vous sur mon SoundCloud 😉 .

Sources

https://www.jazzguitarlessons.net/blog/intro-bossa-nova-comping https://en.wikipedia.org/wiki/Bossa_nova https://www.guitarlessonworld.com/lessons/drop-2-chords/

Bill Evans, la vie de ce grand pianiste de jazz

Bill Evans avec sa cigarette, comme toujours…

Introduction

Si vous lisez cet article, c’est que vous voulez en savoir plus sur la vie de Bill Evans. J’ai divisé cet article en plusieurs sous-parties afin que vous puissiez aller à l’essentiel.

L’enfance du pianiste

Bill Evans est né le 16 août 1929, à Plainfield, dans le New Jersey. Son père était un alcoolique invétéré aux origines galloises. Sa mère, Mary Evans (née Sokora), était une excellente pianiste, et c’est elle qui introduisit Bill et son frère Harry à la musique.

À la maison, tous les classiques furent passés en revue, de Mozart à Beethoven, en passant par Stravinsky, dont l’oeuvre « Petrouchka » marqua fortement le jeune Bill. Ce bagage musical fourni qu’il possédait alors lui conféra son propre style.

Les sautes d’humeur de son père le rendaient violent, ce qui contraignait sa mère à devoir se réfugier quelques jours, parfois plus, chez sa soeur, dans un bourg voisin.

À côté du piano, Bill, alors âgé de 7 ans, se mit au violon, puis à la flûte. Après le collège, il obtint une bourse pour étudier la flûte dans une université à l’autre bout du pays, la Southeastern Louisiana University.

Son ascension fulgurante

Après ses études, il s’installa à New York, où il travailla en tant que pianiste. Mais cela ne dura pas longtemps et il fut vite enrôlé dans l’armée (de 1951 à 1954) où il joua de la flûte avec la Fifth Army Band.

Kind of Blue

En 1958, Bill Evans faisait partie du sextet de Miles Davis, aux côtés des légendes que sont John Coltrane et Cannonball Adderley. Il quitta le groupe un peu plus tard car il en eut assez de subir les sarcasmes de Miles, du style : « Hey whitey, you’re my man, you know ? » .

Mais, en 1959, à la demande de l’arrangeur Gil Evans (attention, il n’a aucun lien de parenté avec Bill Evans), Bill retourne chez Miles Davis afin d’enregistrer un des albums les plus importants de l’histoire du jazz (en particulier du jazz modal) : Kind of Blue.

La nature timide de Bill Evans lui portera, une fois de plus préjudice : bien que tous les morceaux de l’album aient été signés Miles Davis, Bill réclamera toujours la paternité du morceau Blue in Green, sans jamais avoir osé se confronter au trompettiste devant les tribunaux. Pourtant, Bill joua un rôle crucial dans l’élaboration de l’album. En effet, ils ont discuté à deux du choix des modes utilisés (c’est un album de jazz modal, je le rappelle), et c’est sans compter sur l’apport de la connaissance de Bill du répertoire classique.

Sunday at the Village Vanguard

Le 25 juin 1961, le Bill Evans Trio (Bill Evans au piano, Scott LaFaro à la contrebasse, Paul Motian à la batterie) enregistra un album mythique : « Sunday at the Village Vanguard ». La particularité de cet album (à part la virtuosité des musiciens) est qu’il fut enregistré en live au Village Vanguard (à New York, dans le Greenwich Village), et qu’on peut entendre les bruits d’assiettes, de verres, des gens qui parlent, etc.

Ces bruits parasites, au-delà de la qualité musicale incomparable de ces sessions, se révélèrent d’une importance capitale pour l’album, car ils permirent aux générations futures de se projeter dans l’ambiance d’un club de jazz des années 60.

Lors de cette session du 25 juin 1961, un autre album a été enregistré : Waltz for Debby. Il n’a cependant été publié que plus tard car Scott LaFaro trouva la mort dans un accident de voiture quelques jours seulement après l’enregistrement. Orrin Keepnews (producteur cofondateur de Riverside Records) décida alors de ne garder dans « Sunday at the Village Vanguard » que les morceaux mettant en valeur le défunt contrebassiste, comme Jade Visions.

Son addiction à la drogue et sa mort

Depuis les années 50, la drogue resta omniprésente dans la vie de Bill Evans, probablement à cause de sa nature réservée et de son manque d’égo (contrairement aux grands jazzmen de l’époque). De succès en succès, il parvint progressivement à se détacher de l’héroïne. Malheureusement, dès le début des années 70 il retomba massivement dans une autre drogue, la cocaïne.

En 1979, Harry, son frère aîné, se tira une balle dans la tête (il était schizophrène). Sa mort affecta énormément Bill, déjà rongé par la drogue. Le pianiste décéda un an plus tard, le 15 septembre 1980 d’une hépatite (très probablement due à l’usage de la drogue)

Conclusion

J’espère que cet article vous a plu et qu’il vous en a appris un peu plus sur la vie d’un des plus grands pianistes de jazz de tous les temps, Bill Evans. Comme nous l’avons vu, il n’a pas eu une vie facile, mais il laisse derrière lui de la musique d’une qualité incomparable et restera pour toujours une légende du jazz.

Pour aller plus loin :

Pour écrire cet article, je me suis appuyé sur un livre que je vous recommande fortement : le Dictionnaire amoureux du jazz, de Patrice Blanc-Francard. En effet, il contient des anecdotes inédites sur la vie des plus grands jazzmen et nous permet de mieux comprendre l’histoire de certains des plus grands albums de jazz.

Comment améliorer sa dextérité au piano ?

Introduction

Si vous êtes ici, c’est que vous voulez savoir comment améliorer votre dextérité au piano rapidement. Cet article se veut complet, cependant, vous pouvez passer directement à la partie exercices si vous le voulez.

Qu’est-ce que la dextérité au piano ?

« Améliorer sa dextérité au piano est une compétence importante à développer pour les pianistes, débutants comme expérimentés. »

Dextérité, n.f : Habileté, adresse et précision des mouvements manuels dans l’accomplissement d’une tâche.

Source de la définition : Wikipédia.

Intérêt pour le pianiste de travailler sa dextérité.

Si vous êtes ici, c’est que vous avez déjà envie de travailler votre dextérité. Pour rendre votre apprentissage encore plus motivant, voici quelques bénéfices que cela vous apportera.

  • Amélioration de la qualité de jeu (nuances plus marquées, son moins « aggressif » et notes plus distinctes les unes des autres);
  • Augmentation du plaisir à jouer (les passages autrefois compliqués deviennent plus faciles);
  • Improviser devient plus simple (par la création d’empreintes).
Voici un extrait de la nocturne en do dièse mineur de Chopin, on comprend vite l’intérêt d’améliorer sa dextérité !

Nous verrons un peu plus loin comment s’entraîner spécifiquement pour ce genre de passages de notes suivies (technique des gammes).

Exercices (qui fonctionnent) pour améliorer sa dextérité rapidement.

Présentation du livre « Le pianiste virtuose », de C.L. Hanon.

Ce livre est vraiment une référence dans son domaine, à savoir l’augmentation de la dextérité (tiens tiens). Aussi je ne vais pas trop m’attarder sur sa présentation.

« Le pianiste virtuose », de C.L. Hanon, une référence incontournable.

Je vais vous présenter un exercice qui est selon moi, un de ceux qui apportent le plus de résultats rapidement.

Extrait de l’exercice N.1 du livre : il permet de se délier les doigts et de renforcer ses 4ème et 5ème doigts.

En effet, cet exercice que je pratique depuis un certain temps (entre autres), est mon exercice fétiche pour m’échauffer. Je trouve qu’il permet d’améliorer la proprioception de ses doigts et moins tomber « à côté » de la note, tout en renforçant des 4ème et 5ème doigts à moyen terme.

Je vous invite donc à vous procurer ce livre si vous voulez vraiment aller plus loin dans le développement de l’indépendance et l’égalité de vos doigts.

Exercices pour créer des empreintes (et être plus à l’aise dans les accords et en improvisation)

Quand on cherche à améliorer sa fluidité, on passe souvent à côté d’un point pourtant essentiel : les empreintes.

Que sont les empreintes ?

Quand je parle d’empreintes, je parle de la mémoire tactile, c’est-à-dire la faculté de retenir sur quelles touches ils faut appuyer pour faire un accord de do majeur par-exemple. Les empreintes constituent un moyen efficace d’améliorer et d’enrichir son jeu, et je trouve qu’elles sont sous-estimées.

A quoi servent-elles ?

Les empreintes sont utiles afin de déchiffrer une partition plus vite, en reconnaissant certains accords, voire certaines progressions d’accords. Mais les empreintes constituent vraiment un moyen efficace de devenir bon en improvisation. En effet, on retient alors quelles notes constituent la gamme de mi majeur par-exemple et on n’a plus à réfléchir aux notes altérées par l’armure, elles « coulent de source ».

Comment les travailler ?

Le travail des empreintes s’effectue par la répétition. Vous avez sûrement déjà créé des empreintes sans même vous en rendre compte. Je ne vais pas vous énumérer tous les exercices d’empreintes possibles (il en existe des milliers), mais je vais maintenant vous donner une direction en fonction de vos objectifs :

  • Vous voulez déchiffrer des partitions classiques plus vite : effectuez des gammes, travaillez-les dans toutes les tonalités. Quand cela devient facile, changez de mode (focalisez vous sur les modes mélodique et harmonique);
  • Vous voulez développer votre rapidité à déchiffrer des accords jazz : travaillez les progressions d’accord, surtout les II-V-I. Travaillez-les dans toutes les tonalités, tous les renversements (cela vous sera très utile afin de réaliser des Voice Leadings);
  • Vous voulez développer votre faculté d’improvisation : cela représente le plus de travail. Travaillez tout (gammes, progressions d’accords).

Comment ces exercices m’ont aidé à gagner le prix Bach.

Travailler régulièrement ces exercices peut réellement améliorer votre dextérité. C’est (en partie) grâce à eux, et à un travail assidu bien entendu, que j’ai gagné le prix Bach de mon académie de musique.

Le prix Bach que j’ai gagné, en partie grâce à ma dextérité et mon habilité à jouer les deux voix distinctement.

Bach étant assez axé sur la superposition de voix (j’ai joué l’invention N°1 lorsque j’ai gagné ce prix), le travail de mes gammes m’a été d’une aide louable !

Conclusion :

Cet article touche maintenant à sa fin, et vous savez désormais comment améliorer votre dextérité au piano. N’hésitez pas à me laisser votre avis en commentaire, je serais curieux de savoir en combien de temps vous avez eu des résultats ! 🙂