Bill Evans, la vie de ce grand pianiste de jazz

Bill Evans avec sa cigarette, comme toujours…

Introduction

Si vous lisez cet article, c’est que vous voulez en savoir plus sur la vie de Bill Evans. J’ai divisé cet article en plusieurs sous-parties afin que vous puissiez aller à l’essentiel.

L’enfance du pianiste

Bill Evans est né le 16 août 1929, à Plainfield, dans le New Jersey. Son père était un alcoolique invétéré aux origines galloises. Sa mère, Mary Evans (née Sokora), était une excellente pianiste, et c’est elle qui introduisit Bill et son frère Harry à la musique.

À la maison, tous les classiques furent passés en revue, de Mozart à Beethoven, en passant par Stravinsky, dont l’oeuvre « Petrouchka » marqua fortement le jeune Bill. Ce bagage musical fourni qu’il possédait alors lui conféra son propre style.

Les sautes d’humeur de son père le rendaient violent, ce qui contraignait sa mère à devoir se réfugier quelques jours, parfois plus, chez sa soeur, dans un bourg voisin.

À côté du piano, Bill, alors âgé de 7 ans, se mit au violon, puis à la flûte. Après le collège, il obtint une bourse pour étudier la flûte dans une université à l’autre bout du pays, la Southeastern Louisiana University.

Son ascension fulgurante

Après ses études, il s’installa à New York, où il travailla en tant que pianiste. Mais cela ne dura pas longtemps et il fut vite enrôlé dans l’armée (de 1951 à 1954) où il joua de la flûte avec la Fifth Army Band.

Kind of Blue

En 1958, Bill Evans faisait partie du sextet de Miles Davis, aux côtés des légendes que sont John Coltrane et Cannonball Adderley. Il quitta le groupe un peu plus tard car il en eut assez de subir les sarcasmes de Miles, du style : « Hey whitey, you’re my man, you know ? » .

Mais, en 1959, à la demande de l’arrangeur Gil Evans (attention, il n’a aucun lien de parenté avec Bill Evans), Bill retourne chez Miles Davis afin d’enregistrer un des albums les plus importants de l’histoire du jazz (en particulier du jazz modal) : Kind of Blue.

La nature timide de Bill Evans lui portera, une fois de plus préjudice : bien que tous les morceaux de l’album aient été signés Miles Davis, Bill réclamera toujours la paternité du morceau Blue in Green, sans jamais avoir osé se confronter au trompettiste devant les tribunaux. Pourtant, Bill joua un rôle crucial dans l’élaboration de l’album. En effet, ils ont discuté à deux du choix des modes utilisés (c’est un album de jazz modal, je le rappelle), et c’est sans compter sur l’apport de la connaissance de Bill du répertoire classique.

Sunday at the Village Vanguard

Le 25 juin 1961, le Bill Evans Trio (Bill Evans au piano, Scott LaFaro à la contrebasse, Paul Motian à la batterie) enregistra un album mythique : « Sunday at the Village Vanguard ». La particularité de cet album (à part la virtuosité des musiciens) est qu’il fut enregistré en live au Village Vanguard (à New York, dans le Greenwich Village), et qu’on peut entendre les bruits d’assiettes, de verres, des gens qui parlent, etc.

Ces bruits parasites, au-delà de la qualité musicale incomparable de ces sessions, se révélèrent d’une importance capitale pour l’album, car ils permirent aux générations futures de se projeter dans l’ambiance d’un club de jazz des années 60.

Lors de cette session du 25 juin 1961, un autre album a été enregistré : Waltz for Debby. Il n’a cependant été publié que plus tard car Scott LaFaro trouva la mort dans un accident de voiture quelques jours seulement après l’enregistrement. Orrin Keepnews (producteur cofondateur de Riverside Records) décida alors de ne garder dans « Sunday at the Village Vanguard » que les morceaux mettant en valeur le défunt contrebassiste, comme Jade Visions.

Son addiction à la drogue et sa mort

Depuis les années 50, la drogue resta omniprésente dans la vie de Bill Evans, probablement à cause de sa nature réservée et de son manque d’égo (contrairement aux grands jazzmen de l’époque). De succès en succès, il parvint progressivement à se détacher de l’héroïne. Malheureusement, dès le début des années 70 il retomba massivement dans une autre drogue, la cocaïne.

En 1979, Harry, son frère aîné, se tira une balle dans la tête (il était schizophrène). Sa mort affecta énormément Bill, déjà rongé par la drogue. Le pianiste décéda un an plus tard, le 15 septembre 1980 d’une hépatite (très probablement due à l’usage de la drogue)

Conclusion

J’espère que cet article vous a plu et qu’il vous en a appris un peu plus sur la vie d’un des plus grands pianistes de jazz de tous les temps, Bill Evans. Comme nous l’avons vu, il n’a pas eu une vie facile, mais il laisse derrière lui de la musique d’une qualité incomparable et restera pour toujours une légende du jazz.

Pour aller plus loin :

Pour écrire cet article, je me suis appuyé sur un livre que je vous recommande fortement : le Dictionnaire amoureux du jazz, de Patrice Blanc-Francard. En effet, il contient des anecdotes inédites sur la vie des plus grands jazzmen et nous permet de mieux comprendre l’histoire de certains des plus grands albums de jazz.